Le Consiglio d’Ornato
54mn · 4 étapes
Dès la restauration sarde, en 1815, il est prévu le développement de la ville en rive droite du Paillon. Un plan régulateur, œuvre de l’architecte de la Ville Jean-Antoine Scoffier et du géomètre Louis Trabaud, envisage l’extension urbaine au nord et à l’ouest. Elaboré en 1829, il est approuvé par le roi Charles-Albert en 1832, l’architecture et l’urbanisme étant une de ses compétences. Ce plan est accompagné, à l’image de Turin et de son Consiglio degli Edili, d’un conseil d’aménagement et d’ornement qui prend le nom de Consiglio d’Ornato.
Le Consiglio d’Ornato va donner une unité d’ensemble et une esthétique commune aux bâtiments transformés ou à édifier, en fixant une hauteur générale, une largeur des travées, un décor extérieur et cela jusqu’aux devantures de boutiques.
Texte : Christophe Prédal
Iconographie : Ville de Nice
Étapes
immeuble Garacci-Bensa
5mn
Vers 1855, le peintre Charles Garacci fait ériger un bâtiment de deux étages et c’est probablement en 1897, lors des travaux de suélévation, qu’est réalisé son décor en sgraffite – une technique décorative remontant à la Renaissance italienne, où des motifs sont gravés dans l’enduit frais.
Ce procédé, à la fois artistique et technique, consiste à superposer deux couches d’enduit : une première, de fond, recouverte d’une seconde plus contrastée. Avant que cette dernière ne sèche, l’artisan gratte la surface pour faire apparaître la couche inférieure, créant ainsi des motifs en relief d’une grande profondeur. La rapidité d’exécution, dictée par le temps de séchage, en fait un travail délicat et coûteux, généralement réservé à des frises.
Pourtant, la façade sud de cet immeuble, inscrite aux Monuments historiques depuis 1995, se distingue par un sgraffite monumental, exceptionnel à Nice par son ampleur et sa richesse iconographique. Aujourd’hui, seule la façade principale conserve ce chef-d’œuvre, où se mêlent personnages mythologiques, animaux fantastiques et putti ailés, dans une composition savante et onirique.
Un témoignage rare de l’art décoratif niçois, alliant héritage italien et virtuosité technique.