immeuble Garacci-Bensa
Vers 1855, le peintre Charles Garacci fait ériger un bâtiment de deux étages et c’est probablement en 1897, lors des travaux de suélévation, qu’est réalisé son décor en sgraffite – une technique décorative remontant à la Renaissance italienne, où des motifs sont gravés dans l’enduit frais.
Ce procédé, à la fois artistique et technique, consiste à superposer deux couches d’enduit : une première, de fond, recouverte d’une seconde plus contrastée. Avant que cette dernière ne sèche, l’artisan gratte la surface pour faire apparaître la couche inférieure, créant ainsi des motifs en relief d’une grande profondeur. La rapidité d’exécution, dictée par le temps de séchage, en fait un travail délicat et coûteux, généralement réservé à des frises.
Pourtant, la façade sud de cet immeuble, inscrite aux Monuments historiques depuis 1995, se distingue par un sgraffite monumental, exceptionnel à Nice par son ampleur et sa richesse iconographique. Aujourd’hui, seule la façade principale conserve ce chef-d’œuvre, où se mêlent personnages mythologiques, animaux fantastiques et putti ailés, dans une composition savante et onirique.
Un témoignage rare de l’art décoratif niçois, alliant héritage italien et virtuosité technique.